
De façon générale, cette mesure est motivée par les déviances, les obscénités observées sur les réseaux sociaux et qui touchent à l’intimité, à la vie privée, voire même à la vie tout court de nombreux compatriotes. Ces compatriotes, touchées par ce phénomène, finissent par porter des stigmates, c’est-à-dire une marque, une cicatrice ou une trace, physique ou morale, résultant d’une blessure, d’une maladie, d’une souffrance ou d’une dégradation. Par extension, le terme désigne une dévalorisation sociale.

La société des voyeurs, au Gabon, en référence à ce phénomène étudié en Occident et sans forcément épouser les mêmes contours, désigne donc, cette communauté qui, dans les réseaux sociaux, manipule l’image du corps, du corps-sexe, du sexe et des rapports sexuels. Ces images sont épiées, vues, filmées, regardées, exhibées, partagées, déformées, attribuées sans consentement et souvent pour des raisons de harcèlement, d’escroquerie, de diffamation, de chantage, de calomnie sans oublier les commentaires y relatives et les conséquences qui débouchent toujours sur des regards, suspicieux, accusateurs, dégradants, méprisants qui aboutissent à une forme de dévalorisation sociale de la victime.Retenons avec Denis Rombaut que le voyeurisme consiste à observer furtivement des personnes dans un lieu où leur vie privée doit être protégée et où ces personnes peuvent se dénuder entièrement ou partiellement ou accomplir des actes sexuels sans être interrompues. L’observation peut se faire directement ou à l’aide d’un outil (appareil photo, téléphone portable, magnétophone…). Il ne doit pas nécessairement s’agir d’une observation visuelle ; un enregistrement sonore des personnes effectuant un acte sexuel relève également du voyeurisme. Il est important que la victime ne soit pas consentante et n’ait pas connaissance de l’observation.Il existe une autre forme particulière de voyeurisme, appelé « revenge porn ».
Il est possible pour quelqu’un de filmer une autre personne avec sa permission pendant qu’elle est dénudée et/ou qu’elle accomplit des actes sexuels. Cela ne signifie pas que ces images ou ces sons peuvent être mis à disposition ou diffusés par la suite. Là encore, cela nécessite une autorisation explicite. Il s’agit de viser principalement les situations où une personne envoie une photo explicite à une autre personne en toute conscience et où cette photo est ensuite transmise à un tiers. Ou encore les situations des partenaires qui réalisent des images de leur jeu amoureux avec un consentement mutuel et où celles-ci sont ensuite partagées avec d’autres par l’un des partenaires sans l’approbation et/ou la connaissance de l’autre. L’autorisation de filmer quelqu’un ou de recevoir une photo explicite de quelqu’un ne signifie pas que cette photo peut être simplement diffusée. Une autorisation est à nouveau nécessaire, sinon il s’agit d’un comportement criminel.Au-delà de désagréments que cette suspension cause à de nombreux compatriotes dont internet est un outil de travail et qui voient leurs activités limitées et perdent par la suite des bénéfices matériels ou immatériels, cette mesure vise, non pas à restreindre les libertés mais plutôt à les protéger. La vie privée est un espace inviolable et aucun procureur n’a donné à qui que ce soit le droit de perquisitionner dans la vie privée des compatriotes.Dénoncer des dérives, des crimes est une chose qu’on ne saurait blâmer si la société est mise en mal mais se servir de l’image pour salir est un crime sur lequel le législateur doit se pencher pour éviter que notre lien social se distende d’avantage.
Dans une société où la prise de distance n’est facile a effectué avec l’information pour plusieurs raisons, l’information doit être manipulée de façon objective pour éviter de construire une opinion publique floue, erronée, manipulée et finir par faire croire ce qui n’existe pas. A moins que ceux qui le font le fassent en toute connaissance de cause et là les objectifs sont alors claires : manipuler pour nuire et pour saboter. En résumé cette mesure de la HAC, loin de limiter les libertés individuelles vient les protéger. Peut-on imaginer les dégâts familiaux, professionnels et amicaux que de telles pratiques causent ? C’est cette société des voyeurs qui est en train de se construire au Gabon et qui a ses prêtres et ses adeptes qu’il faut lutter. Il s’agit d’une lutte pour la construction de notre vivre-ensemble et de notre bon vivre-ensemble. La HAC prend une mesure provisoire pour contrer cette société de voyeurs. Cette mesure pénalisante pour nous tous est plus que nécessaire pour la sérénité du lien social gabonais. Vivement qu’elle soit levée pour une reprise « normale » des activités.Gageons que c’est le début d’une réflexion profonde et collective, nous l’espérons, qui tombera sur la table du législateur. Mû par cette réflexion, que le législateur trouve la formule qui punira les coupables en protégeant les innocents dont les GAFAM (Google, Apple, Facebook ou Meta, Amazon et Microsoft) des USA et les BATX ( Baidu, Alibaba, Tencent, Xiaomi) pour la Chine sont devenus des outils de travail et d’intégration sociale.
Dr Fortuné Matsiegui Mboula

Reconnaissance du Rdpc : Un membre du Bureau politique honoré
Interview accordée par Monsieur NJUTAPMVOUI AROUNA, PLEG de Mathématiques à l’occasion de la 7ème édition de la journée internationale des Mathématiques.
Création de deux nouveaux CETIC à Foumbot
L’EDITORIAL POLITIQUE