{"id":876,"date":"2026-03-12T21:06:40","date_gmt":"2026-03-12T21:06:40","guid":{"rendered":"https:\/\/journalactualite.cm\/?p=876"},"modified":"2026-03-12T21:06:41","modified_gmt":"2026-03-12T21:06:41","slug":"leditorial-politique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/journalactualite.cm\/index.php\/2026\/03\/12\/leditorial-politique\/","title":{"rendered":"L&rsquo;EDITORIAL POLITIQUE"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">  <strong>Par ROY  ATIRET BIYE, Journaliste et \u00c9ditorialiste Politique.<\/strong><\/p>\n\n\n<figure class=\"wp-block-post-featured-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"612\" height=\"816\" src=\"https:\/\/journalactualite.cm\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/1003130984.jpg\" class=\"attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image\" alt=\"\" style=\"object-fit:cover;\" srcset=\"https:\/\/journalactualite.cm\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/1003130984.jpg 612w, https:\/\/journalactualite.cm\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/1003130984-225x300.jpg 225w\" sizes=\"auto, (max-width: 612px) 100vw, 612px\" \/><\/figure>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au del\u00e0  de la Guerre des R\u00e9cits autour des accusations de torture, de maltraitance et d\u2019atteinte \u00e0 la dignit\u00e9 humaine formul\u00e9es par Sylvia Bongo Ondimba. Sylvia Bongo Ondimba, ex-Premi\u00e8re Dame du Gabon, a, lors d\u2019une interview accord\u00e9e \u00e0 France 24, port\u00e9 des accusations d\u2019atteinte \u00e0 la dignit\u00e9 humaine concernant sa personne et celle de son fils Noureddin Bongo Valentin. Une interview qui a \u00e9t\u00e9 diversement interpr\u00e9t\u00e9e par Monsieur le tout le Monde, cr\u00e9ant une vague d\u2019indignation et suscitant plusieurs t\u00e9moignages contradictoires.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"612\" height=\"816\" src=\"https:\/\/journalactualite.cm\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/1003130984.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-877\" srcset=\"https:\/\/journalactualite.cm\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/1003130984.jpg 612w, https:\/\/journalactualite.cm\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/1003130984-225x300.jpg 225w\" sizes=\"auto, (max-width: 612px) 100vw, 612px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au-del\u00e0 du fait que cette sortie ait fait monter quelque peu le mercure sur la  sc\u00e8ne politique,  m\u00e9diatique et  cybern\u00e9tique au Gabon comme ailleurs, avec notamment la r\u00e9action du ministre de la Communication qui a battu en br\u00e8che ces accusations, d\u2019un point de vue g\u00e9n\u00e9ral, celle-ci a raviv\u00e9 un d\u00e9bat aussi sensible que devenu  sempiternel : celui des conditions de d\u00e9tention et du respect des droits humains dans les prisons gabonaises.Dans le tumulte des r\u00e9cits contradictoires et des positionnements politiques, l\u2019\u00e9motion et la pol\u00e9mique risquent parfois d\u2019obscurcir la question essentielle : comme nous l&rsquo;enseigne les historiographes, l&rsquo;histoire  est le r\u00e9cit de ce qui s&rsquo;est pass\u00e9 autrefois. Ainsi l&rsquo;on  peut se poser une question l\u00e9gitime au pr\u00e9texte de la direction des horloges m\u00e9diatiques : la dignit\u00e9 humaine est-elle v\u00e9ritablement garantie dans l\u2019univers carc\u00e9ral gabonais depuis la nuit des Ajeviens, de la Young team et d&rsquo;autres  brebis galeuses  captur\u00e9s dans les filets des op\u00e9rations \u00abmamba\u00bb et \u00abscorpion\u00bb  mais aussi des d\u00e9m\u00e9nageurs du syst\u00e8me pris en embuscade   du combat politique et syndical voir m\u00e9diatique ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019ancienne Premi\u00e8re Dame n\u2019est pas une voix anodine dans ce d\u00e9bat. Durant de longues ann\u00e9es, Sylvia Bongo Ondimba a occup\u00e9 une position centrale dans l\u2019architecture du pouvoir gabonais aux c\u00f4t\u00e9s de son \u00e9poux, Ali Bongo Ondimba. Elle a pris part \u00e0 de nombreuses initiatives internationales comme  institutionnelles au plan national , consacr\u00e9es effectivement aux questions sociales et aux droits humains, notamment \u00e0 travers la Fondation Sylvia Bongo Ondimba.Cette trajectoire donne aujourd\u2019hui \u00e0 ses d\u00e9clarations une dimension particuli\u00e8re. Mais elle soul\u00e8ve aussi une interrogation qui traverse l\u2019opinion publique : pourquoi ces d\u00e9nonciations surgissent-elles maintenant et pourquoi pas  dans le contexte o\u00f9 plusieurs figures de l\u2019ancien r\u00e9gime avaient elles-m\u00eames, par le pass\u00e9, d\u00e9nonc\u00e9 des pratiques similaires pendant  ou apr\u00e8s leur sortie de prison ? Cette question que les moralisateurs et les t\u00e9moins de l&rsquo;histoire posent dans leurs c\u0153urs m\u00e9rite bien quelques t\u00e9moignages. On se souvient encore de ces nombreuses alertes sanitaires et d\u00e9nonciations concernant les conditions  d\u2019incarc\u00e9ration de certains collaborateurs g\u00eanant et proches politiques devenus critiques, relay\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9poque par des activistes et des lanceurs d\u2019alerte.En effet, bien avant ces accusations, d\u2019autres d\u00e9tenus avaient \u00e9voqu\u00e9 publiquement des traitements d\u00e9gradants dans les lieux de d\u00e9tention. Parmi eux, Bertrand Zibi Abeghe ancien  d\u00e9put\u00e9 de la R\u00e9publique sous Ali Bongo Ondimba ou encore Brice Laccruche Alihanga ex directeur de cabinet \u00e0 la Pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique, pour ne citer que ces deux-l\u00e0, dont les t\u00e9moignages avaient aliment\u00e9, \u00e0 l\u2019\u00e9poque, une controverse sur l\u2019\u00e9tat du syst\u00e8me carc\u00e9ral gabonais.L\u2019organisation de la soci\u00e9t\u00e9 civile SOS Prisonniers et autres va t&rsquo;en guerre de la toile avaient d\u2019ailleurs acquis une certaine l\u00e9gitimit\u00e9 dans cette perspective de d\u00e9nonciation et de communication r\u00e9guli\u00e8re sur ces sujets qui n\u2019honorent ni l\u2019ancien r\u00e9gime ni la Cinqui\u00e8me R\u00e9publique  si de telles pratiques venaient \u00e0 se poursuivre pendant que  nous  y  sommes.Tout compte fait, ces pr\u00e9c\u00e9dents rappellent une v\u00e9rit\u00e9 d\u00e9rangeante : la question de la dignit\u00e9 des d\u00e9tenus ne peut \u00eatre abord\u00e9e selon la seule logique des camps politiques. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Elle d\u00e9passe les individus, les r\u00e9gimes et les circonstances, pas m\u00eame celles qui impliqueraient un contradicteur politique ou un journaliste critique.Car la prison, dans un \u00c9tat moderne, ne doit jamais \u00eatre un espace o\u00f9 la dignit\u00e9 humaine dispara\u00eet. Elle constitue un lieu de privation de libert\u00e9, non un espace de suspension des droits fondamentaux de la personne.Les normes internationales, notamment celles consacr\u00e9es par la Charte africaine des droits de l\u2019homme et des peuples et la D\u00e9claration universelle des droits de l\u2019homme, telles que rappel\u00e9es par les institutions internationales et retranscrites dans le corpus de notre Constitution, et qui r\u00e9sonnent \u00e9galement avec les lois mill\u00e9naires de nos terres et cultures africaines bantoues, rappellent avec force que, m\u00eame incarc\u00e9r\u00e9, l\u2019\u00eatre humain demeure titulaire de droits inali\u00e9nables.D\u00e8s lors, la v\u00e9ritable question pour les r\u00e9publicains n\u2019est pas tant de savoir si ces accusations sont av\u00e9r\u00e9es dans cette guerre de r\u00e9cits lanc\u00e9e sur les m\u00e9dias internationaux,  qui ne l&rsquo;oublions pas, sont aussi dans une certaine mesure, des instruments de pression et de bataille de communication politique qui entretiennent parfois des narratifs complotistes et de d\u00e9stabilisation et de  division. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Elle est plus profonde et plus exigeante.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Comme nous l\u2019enseigne un principe tr\u00e8s sacr\u00e9 de la philosophie, les questions sont parfois plus importantes que les r\u00e9ponses. \u00c0 cet effet, quel syst\u00e8me carc\u00e9ral le Gabon veut-il b\u00e2tir pour son avenir ?Car les images et les r\u00e9cits qui circulent aujourd\u2019hui , qu\u2019ils soient exag\u00e9r\u00e9s, contest\u00e9s ou av\u00e9r\u00e9s,  produisent \u00e0 bien des \u00e9gards, un effet politique r\u00e9el : ils fa\u00e7onnent la perception internationale d\u2019un pays engag\u00e9 dans une transition et aspirant \u00e0 un renouveau institutionnel v\u00e9ritable.La promesse d\u2019une Cinqui\u00e8me R\u00e9publique gabonaise  Moderne ne peut se limiter \u00e0 une simple transformation des structures du pouvoir. Elle doit aussi incarner une r\u00e9volution \u00e9thique dans la mani\u00e8re d\u2019exercer l\u2019autorit\u00e9 publique. Elle doit op\u00e9rer un saut qualitatif dans les pratiques et les normes. Le principe du respect de la loi. C\u2019est cette grande impatience du Gabon unitaire qui oblige \u00e0 une coexistence pacifique entre les citoyens, mais aussi \u00e0 une relation de confiance entre les institutions et les d\u00e9positaires de l\u2019autorit\u00e9 de contrainte publique. Gage incontestable du nouveau contrat social \u00e9tabli par l&rsquo;acte du pl\u00e9biscite et d&rsquo;amandement   du 30 ao\u00fbt 2023 et confirm\u00e9 dans les urnes le 12 avril 2025 par la majorit\u00e9 votante des citoyens Gabonais. Cela suppose notamment une exigence claire : que les forces de l\u2019ordre et de s\u00e9curit\u00e9, tout comme les auxiliaires de justice, investis d\u2019une mission r\u00e9publicaine et asserment\u00e9s pour la protection des citoyens, demeurent irr\u00e9prochables dans le traitement des personnes priv\u00e9es de libert\u00e9.L\u2019\u00c9tat de droit se mesure souvent dans ses marges les plus sensibles.  Ainsi les tribunaux, les commissariats et les prisons. Sans oublier les rapports  de contact qui les lient \u00e0 Monsieur Lambda   dans les rues  et les autres espaces publics qui servent de contact quotidien.C\u2019est l\u00e0 que se r\u00e9v\u00e8le, au-del\u00e0 des discours, la v\u00e9ritable nature d\u2019un r\u00e9gime politique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Si le Gabon, sous les vents sociaux virevoltants actuels, les d\u00e9fis  majeurs de la gouvernance et de la r\u00e9percussion  des politiques publiques dans le v\u00e9cu du quotidien, veut r\u00e9ellement entrer dans une nouvelle \u00e8re,  celle du renouveau et de la concorde nationale, l&rsquo;essor r\u00e9el vers la f\u00e9licit\u00e9 v\u00e9cue, alors il ( Le Gabon ) lui faudra affirmer sans ambigu\u00eft\u00e9 un principe  fondamental : aucune cause, aucune accusation, aucune faute ne saurait justifier l\u2019humiliation ou la brutalit\u00e9 contre la personne humaine.Car la grandeur d\u2019une nation ne se mesure pas seulement \u00e0 la puissance de ses institutions ou \u00e0 la richesse de ses ressources, mais aussi \u00e0 la mani\u00e8re dont elle traite ceux qui se trouvent dans la position la plus fragile.Et dans toute soci\u00e9t\u00e9, le d\u00e9tenu demeure l\u2019une des figures les plus expos\u00e9es de cette fragilit\u00e9.C\u2019est pourquoi la question soulev\u00e9e aujourd\u2019hui d\u00e9passe largement le cas de Sylvia Bongo Ondimba, de son fils Noureddin Bongo Valentin, de Bertrand Zibi Abeghe, ou encore de l\u2019ancien directeur de cabinet de la Pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique, Brice Laccruche Alihanga, et m\u00eame de ces nombreuses victimes silencieuses de la violence d\u2019\u00c9tat .Elle renvoie \u00e0 une interrogation plus universelle et plus exigeante : quelle place accorde le Gabon \u00e0 la dignit\u00e9 humaine dans l\u2019exercice concret de sa justice et de son autorit\u00e9 ?Lors du dialogue national, on a vu un certain engouement des d\u00e9fenseurs des droits sociaux et des acteurs cruciaux de la contestation citoyenne se lever pour brandir le caract\u00e8re sacr\u00e9 de la vie humaine.On peut sans doute croire que la volont\u00e9 du chef de l\u2019\u00c9tat d\u2019associer ces acteurs cl\u00e9s \u00e0 la gouvernance institutionnelle et \u00e0 la participation politique sera une occasion de manifester ce d\u00e9sir de changement.Dans une perspective autre que celle du simple changement de paradigme, cette pr\u00e9occupation demeurera centrale.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left wp-block-paragraph\"> Et la r\u00e9ponse \u00e0 cette question d\u00e9pendra, en grande partie, de la cr\u00e9dibilit\u00e9 morale et politique des acteurs institutionnels et d&rsquo;autres  retranchements politiques et sociaux du groupe gouvernant.Les Gabonais pourront alors juger si la tendance est \u00e0 la reproduction des pratiques des \u00c9tats qui appliquent la fameuse sentence de Plaute : \u00ab l\u2019homme est un loup pour l\u2019homme \u00bb encore moins ceux qui se contentent de banaliser la dignit\u00e9 humaine. Au del\u00e0 de  cette analyse sur les terrains de la d\u00e9mesure, force est de constater que notre  pays n&rsquo;est plus \u00e0  l&rsquo;\u00e9poque de l&rsquo;homo faber ( les premiers ominid\u00e9s qui se nourrissaient du sang et de chaire) , au contraire le Gabon  s&rsquo;acclimate  progressivement bien aux exigences du 21\u00e8me si\u00e8cle et est \u00e0 la mesure de toute chose  comme nous enseigne une sagesse ch\u00e8re \u00e0 la Sophistique. Pour ceux qui \u0153uvrent pour des avis de temp\u00eate sur le Gabon et ses institutions, le peuple Gabonais a choisi un Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique \u00e9quilibr\u00e9 et familial qui exc\u00e8cre la sentence et la trag\u00e9die, mais qui  mendie la coh\u00e9sion nationale et internationale, l&rsquo;on peut s&rsquo;en souvenir de ses  nombreuses participations aux grands rendez-vous de la paix et surtout sur les enjeux de la dignit\u00e9 humaine avec l&rsquo;acte tonique et humaniste de lib\u00e9ration des prisonniers politiques et d&rsquo;autres cat\u00e9gories de d\u00e9tenus, dont notamment le respectable syndicaliste Jean R\u00e9my Yama, le m\u00e9morable Lieutenant colonel  Kelly Ondo ainsi que  la lib\u00e9ration n\u00e9goci\u00e9e  par les institutions internationales( L&rsquo;ONU, L&rsquo;UA)  des accusateurs  pour un exil app\u00e9tissant outre-atlantique en Europe.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left wp-block-paragraph\"> Preuve d&rsquo;un sens de culture politique d&rsquo;apaisement et de lib\u00e9ralisme . Dans cette perspective, un adage particulier circule chez nos fr\u00e8res et voisins  d&rsquo;Afrique Centrale, \u00ab\u00a0la paix est bien\u00a0\u00bb et l&rsquo;hymne national nous exhorte ainsi \u00a0\u00bb Oublions nos  querelles\u00a0\u00bb , car  la paix est  un pr\u00e9alable pour toute \u0153uvre de construction d&rsquo;un  Gabon qui se veut durable et digne  d&rsquo;envie. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">PAR  ROY ATIRET BIYE, Journaliste \u00c9ditorialiste Internationaliste.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par ROY ATIRET BIYE, Journaliste et \u00c9ditorialiste Politique. 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