
Par Nsounchiat Fit Mama
En reprenant progressivement la main sur l’eau et l’électricité, l’État camerounais a adressé un signal clair : ces secteurs, trop stratégiques, ne peuvent dépendre ni de l’improvisation ni des seuls équilibres du marché. Les choix opérés ces dernières années traduisent une ambition précise : assurer aux Camerounais un accès plus fiable à l’eau et à l’énergie, deux ressources essentielles au quotidien, à la croissance et à la stabilité sociale.Cette orientation mérite d’être saluée. Au-delà des débats public/privé, le vécu des populations demeure : les coupures d’électricité désorganisent ménages et entreprises, tandis que l’accès difficile à l’eau potable fragilise la santé publique et freine le développement.Mais gardons la lucidité : reprendre le contrôle est une étape ; réussir la transformation en est une autre. Le vrai défi commence maintenant. Il ne suffit plus de promulguer des textes ou de changer des actionnaires : il faut construire des entreprises efficaces, capables d’investir, d’innover, de piloter leurs ressources et, surtout, de délivrer un service de qualité aux citoyens.Le Cameroun dispose d’atouts solides : des ingénieurs qualifiés, une jeunesse formée, des cadres chevronnés au pays comme dans la diaspora, et un potentiel énergétique encore largement inexploité. Ce capital humain et technique doit porter cette nouvelle étape.Les Camerounais n’attendent pas des discours, mais des preuves : de l’eau au robinet, une électricité stable, des usines qui produisent sans arrêt, des hôpitaux et des écoles qui fonctionnent normalement.C’est à la capacité de convertir une vision politique en progrès visibles au quotidien que se mesurera cette nouvelle étape de notre trajectoire économique.

I. POURQUOI CETTE REPRISE EN MAIN EST DEVENUE INCONTOURNABLE
Pendant des années, les opérateurs privés ont assuré une certaine continuité du service. Mais, au fil du temps, les limites du modèle sont devenues évidentes. La poussée démographique, l’urbanisation rapide et la hausse des besoins industriels ont fortement sollicité des infrastructures souvent vieillissantes.Dans l’eau comme dans l’électricité, les investissements n’ont pas suivi la demande. Les tensions financières se sont accrues, l’endettement a explosé et les coupures sont devenues quasi permanentes.Au fond, aucun opérateur — public ou privé — ne peut tenir durablement avec un modèle déséquilibré. Quand les coûts augmentent tandis que les tarifs restent gelés plus de dix ans, l’endettement devient mécaniquement inévitable.
II. LE DÉFI MAJEUR : QUITTER LA LOGIQUE ADMINISTRATIVE POUR UNE CULTURE DE PERFORMANCE
L’enjeu, aujourd’hui, n’est pas seulement institutionnel : il est d’abord managérial. Une entreprise qui gère des milliers d’employés, des centrales, des réseaux de distribution et des infrastructures critiques doit être conduite avec rigueur et efficacité.Cela implique des objectifs lisibles, des indicateurs suivis dans la durée, une culture du résultat et une responsabilité effective à chaque niveau.Le pays dispose des compétences pour y parvenir. De nombreux cadres camerounais pilotent déjà, avec succès, des organisations internationales et des structures complexes. Il est temps de mettre cette expertise au service de l’intérêt général.
III. LA QUESTION DÉLICATE DES TARIFSIl faut le dire clairement : produire et distribuer l’eau ou l’électricité a un coût.
Aucun système ne peut durer si les recettes restent durablement inférieures aux dépenses.Pour autant, une hausse brutale des tarifs serait socialement risquée. Il faut trouver un point d’équilibre entre viabilité économique et protection des ménages les plus modestes.Cela suppose pédagogie, concertation et progressivité. Les efforts seront mieux acceptés si, en retour, les usagers constatent une amélioration tangible du service.
IV. LE FINANCEMENT : UN CHANTIER COLOSSAL, MAIS À PORTÉE
Les besoins de financement sont considérables : plusieurs milliers de milliards de FCFA devront être mobilisés dans les prochaines années pour moderniser les réseaux, accroître la production et améliorer la distribution.L’État ne pourra pas assumer seul cet effort. Il faudra articuler, de manière cohérente, l’appui des bailleurs, les marchés financiers régionaux, les partenariats public-privé et, surtout, des gains de performance internes.Chaque perte évitée, chaque facture recouvrée et chaque investissement mieux négocié libère des moyens supplémentaires pour le secteur.
CONCLUSION — PLACE AUX RÉSULTATS
La reprise en main de l’eau et de l’énergie ouvre une nouvelle séquence pour le Cameroun. Mais l’histoire retiendra moins les annonces que les résultats effectivement livrés.Les populations attendent des améliorations concrètes. Les entreprises veulent produire sans interruption. Les investisseurs recherchent un secteur lisible, crédible et stable.Le chantier est immense, mais il peut aboutir si le pays mise sur la compétence, la discipline, la transparence et la constance dans l’action.Le Cameroun a les compétences, le potentiel énergétique et des partenaires pour réussir cette transformation, à condition que chacun — à son niveau — place l’intérêt national au-dessus de tout.

The Illuminati, A Conspiracy Theory?
Création de deux nouveaux CETIC à Foumbot
Construire l’avenir ensemble : l’engagement de Youssoufa Moumeni
MESSAGE AUX PRÉSIDENTS DES SECTIONS RDPC DU NOUN RELATIF AUX PROCHAINES ÉLECTIONS MUNICIPALES ET LÉGISLATIVES
Massangam, un arrondissement dans le Noun qui mérite une attention particulière pour être erigé en département !!
MAGBA : UNE TENTATIVE D’ENLÈVEMENT DE PLUSIEURS FILS DE FOROUONGAIN SÈME LA TERREUR
Interview accordée par Monsieur NJUTAPMVOUI AROUNA, PLEG de Mathématiques à l’occasion de la 7ème édition de la journée internationale des Mathématiques.